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La molécule qui venait de l'espace

Le texte de l’épisode
Bienvenue chez Herba Barona, boutique de compléments alimentaires à Paris. Chaque épisode raconte l'histoire d'un produit qu'on connaît mal, et vous repartez avec une chose à retenir. Aujourd'hui : la PQQ.
Un curriculum étrange
De toutes les molécules dont on parle dans ce podcast, celle d'aujourd'hui a le curriculum le plus étrange. On l'a trouvée dans des bactéries. On l'a trouvée dans le lait maternel. Et on en a détecté… dans la poussière interstellaire.
Elle s'appelle la pyrroloquinoléine quinone. Personne ne peut prononcer ça deux fois de suite, donc tout le monde dit : PQQ.
Des bactéries aux étoiles
Son histoire commence à la fin des années 60, quand des chercheurs qui étudiaient des bactéries tombent sur un cofacteur inconnu — une petite molécule outil, indispensable au fonctionnement de certaines de leurs enzymes. Rien d'exceptionnel, pensent-ils. Puis les analyses s'affinent, et la PQQ se met à apparaître partout : dans les végétaux, dans les fruits — le kiwi en contient, le persil aussi —, dans le thé vert, dans le cacao… et donc jusque dans des poussières d'étoiles analysées par des astrochimistes. Une molécule renforcée, très stable, qui semble traverser le cosmos sans s'abîmer.
La naissance de nouvelles centrales
Mais ce qui a rendu la PQQ célèbre, c'est autre chose. C'est le jour où des chercheurs ont observé son lien avec un phénomène dont on a parlé dans l'épisode sur le sport : la biogenèse mitochondriale. La naissance de nouvelles mitochondries.
Petit rappel. Vos mitochondries, les centrales énergétiques de vos cellules, ne sont pas installées une fois pour toutes. Elles vivent, vieillissent, sont démontées, remplacées. Votre corps pilote ce chantier permanent avec des interrupteurs moléculaires — des chefs d'orchestre qui donnent le signal : « Construisez de nouvelles centrales. » L'exercice d'endurance appuie sur ces interrupteurs. Certaines phases de sobriété alimentaire aussi. Et la PQQ intéresse précisément les chercheurs pour ses interactions avec ces voies de signalisation — ces circuits de commande du renouvellement mitochondrial. Voilà pourquoi, dans les publications scientifiques, son nom revient si souvent accolé au mot « mitochondries ».

Une molécule qui encaisse
Autre trait de caractère : la PQQ encaisse. C'est une molécule d'une stabilité remarquable face à l'oxydation — là où d'autres antioxydants se sacrifient en une seule utilisation, elle peut enchaîner les cycles, se faire recycler, et repartir. Une sorte de marathonienne moléculaire. On comprend qu'elle survive dans l'espace.
D'où viennent nos apports
Nous, les humains, ne savons pas la fabriquer. Nos apports viennent de l'alimentation — ces fameux kiwis, le persil, le thé vert, le cacao, à doses minuscules — et, depuis quelques années, des compléments alimentaires, où elle apparaît souvent en duo avec la coenzyme Q10 : la spécialiste du renouvellement des centrales, associée au passeur d'électrons qui les fait tourner. Sur le papier, les deux se complètent joliment.
Une molécule née chez les bactéries, présente dans le lait des mères, retrouvée dans la poussière des étoiles, et qui s'invite dans la conversation sur nos centrales énergétiques.
Il fallait bien un épisode pour la présenter. Elle avait fait le déplacement de loin.
C'était un épisode du podcast Herba Barona, enregistré à Paris. À bientôt.